Unité Pastorale St-Lambert/St-Thomas-d'Aquin
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PAROISSE SAINT-LAMBERT
La paroisse est fondée en 1894. Une première église est construite en 1896 mais est incendiée en 1936. L'église actuelle fut bénite par Mgr Forget le 16 mai 1937.

HISTORIQUE DE LA PAROISSE SAINT-LAMBERT

La Ville de Saint-Lambert vient de Lambert Closse qui aimait y venir chasser dans le bassin du Saint-Laurent, qu'on appelait alors la région du Mouille-Pied et qui s'étendait du bassin de Longueuil au bassin de La Prairie.

Concédée en 1647, la seigneurie de La Prairie est ouverte au peuplement après 1667 quand le régiment de Carignan-Salières en assure la sécurité. Une partie de son développement est confiée aux Jésuites. À l'est, les limites géographiques de la mission s'étendent sur la côte de Saint-Lambert jusqu'à l'actuelle rue Victoria. En 1683, Mgr de Laval (1623-1708), premier évêque de la Nouvelle France, souligne la présence de deux chapelles dans la seigneurie, dont une sur la côte Saint-Lambert. Cette chapelle, dédiée à l'Immaculée conception de Marie, accueillera les Lambertois, de 1675 jusqu'en 1705, année d'ouverture de la première église en pierre de La Prairie. Au même moment, la mission de La Prairie devient officiellement une paroisse. En 1715, la paroisse Saint-Antoine de Longueuil voit le jour et englobe le territoire de Saint-Lambert; les limites de la nouvelle paroisse sont fixées par l'autorisé ecclésiastique du diocèse de Québec. Le diocèse de Montréal sera érigée en 1836 et celui de Saint-Jean en 1933 par le pape Pie XI.

À plusieurs reprises, les Lambertois sollicitent la création d'une paroisse sur leur territoire. Ils évoquent l'éloignement de l'église de Longueuil et les mauvaises conditions routières en hiver et au printemps. Il semble que c'est surtout la pression démographique qui fera le poids. En effet, la ville compte 80 familles catholiques en 1893. Entre temps, de 1887 à 1890, des messes sont célébrées dans la maison de Noël Mercille, devenue musée, située au coin de l'avenue Notre-Dame et de la rue Riverside. En 1891, une petite chapelle est aménagée au deuxième étage d'une école érigée près du couvent actuel des sœurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie. De 1898 à 1910, elles enseigneront aux garçons et aux filles dans une petite école de bois, située sur le même terrain que la bâtisse actuelle, mais plus à l'avant. Pendant plusieurs décennies, la vie des religieuses et des élèves du couvent est étroitement liée à la paroisse.

Durant la décennie de 1890, les bases de la paroisse seront fixées définitivement sous la responsabilité de l'abbé François-Xavier Rabeau (1858-1931), curé de 1893 à 1912. Dès son arrivée, il s'empresse de voir à l'érection canonique de la paroisse, qui aura lieu le 12 décembre 1894. L'année suivante, en octobre, le cimetière est béni. Parallèlement, l'abbé prépare la construction d'une église.

Cette dernière, située sur la rue Lorne, est ouverte au culte pour Noël 1896. Ses plans sont dressés par l'architecte Georges-Alphonse Monette, qui a créé l'église Saint-Léon à Westmount (1901-1903) et reconstruit l'église Saint-Léonard-de-Port-Maurice à Montréal (1930-1931). L'église Saint-Lambert est lambrissée de brique rouge et réalisée dans le style néomédiéval issu des théories rationalistes du Français Violet-le-Duc (1814-1879); elle fait la fierté des Lambertois. Malheureusement, elle sera détruite par un incendie le 30 mai 1936. Le presbytère, construit en 1904, est épargné; devenu vieillot, il sera remplacé en 1960.

Moins d'un an après le sinistre, monsieur J. Albert Lessard (1874-1952), curé de 1925 à 1950, accueille les paroissiens dans l'église actuelle, qui a coûté 82 500 $, ameublement compris. Mgr Anastase Forget (1885-1955) bénit cette nouvelle église le 16 mai 1937. La construction innove par ses arcs structuraux : sa voûte polygonale en béton, obtenue par les segments des droites du coffrage et par son sanctuaire sous un arc parabolique arrondi en chaînettes. L'architecte de l'église, Gaston Gagnier (1905-1982) de Montréal, s'inspire des théories du moine bénédictin français, Dom Paul Bellot (1876-1944). Il réalise ainsi une large nef sans piliers, assurant ainsi une vue sur le chœur. Une première expérience dans ce style est réalisée à l'intérieur de l'église Saint-Jacques à Montréal. Malheureusement, l'Université du Québec à Montréal la détruisit en grande partie pour s'installer à l'angle des rues Sainte-Catherine et Saint-Denis. Conséquemment, l'église Saint-Lambert est officiellement la plus ancienne encore existante d'une lignée de plus de trente églises québécoises réalisées dans le style Dom Bellot de 1935 à 1955. Lors de son séjour au Québec, entre 1934 et 1944, le maître réalise la conception de l'abbaye Saint-Benoît-du-Lac en Estrie (1938), de même que celle du dôme et de la nef de l'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal. Rappelons que le " dombellotisme " québécois a ouvert la voie à la modernité en architecture religieuse en vigueur à partir des années 1960 environ. C'est ainsi que l'architectonique de l'église Saint-Lambert se distingue et marque l'histoire de l'architecture religieuse québécoise.

La nouvelle église bénéficie de l'œuvre authentique d'un spécialiste en matière de chemins de croix, Mgr Maillard. Le dimanche 17 mai 1953, on procède à la bénédiction des cloches de l'église Saint-Lambert, œuvres de l'entreprise française G. Paccard.

En l'honneur du curé Lessard, prêtre dynamique soucieux des biens matériels de l'église, la fabrique Saint-Lambert a créé la fondation Chanoine-Lessard dans le but de pourvoir aux réparations majeures des biens de la communauté. Cette fondation recueille des dons qui ne seraient peut-être pas faits sans elle. À titre d'exemple, elle prélèvera 200 000 $ environ, soit les deux tiers des sommes nécessaires pour les travaux de réfection du clocher de l'église effectués en 2006-2007. C'est avec prévoyance que le patrimoine paroissial est entretenu.

En 1994, plusieurs événements soulignent le centenaire de la paroisse. Entre autres, le 8 mai, l'église est consacrée par Mgr Bernard Hubert (1929-1996), évêque du diocèse Saint-Jean-Longueuil de 1978 à 1996. Le rituel est ponctué de bénédictions avec l'emploi de l'eau bénite, de l'encens, d'onction avec le saint chrême sans oublier les prières et les implorations de l'évêque et des fidèles. Le rite confère à l'autel et à l'édifice lui-même un caractère sacré. Celui-ci rend l'église digne d'être le lieu de rencontre des chrétiens et du Seigneur en tout temps et surtout à l'occasion des célébrations liturgiques. Si l'église est devenue réellement un lieu saint, sa matérialité symbolise les " pierres vivantes " de l'Église chrétienne assemblée par la foi.

Le même jour, le 8 mai, saint Lambert est proclamé officiellement titulaire et protecteur de l'église et de la paroisse. Le saint, dont on célèbre la fête le 17 septembre, a vécu de 640 à 705; il occupa le siège épiscopal de Maëstricht aux Pays-Bas. Il a été assassiné pendant ses dévotions à Liège en Belgique. Ses restes reposent en la cathédrale Saint-Paul de Liège. Au cours d'une cérémonie mémorable, Mgr Hubert dépose une relique du saint sous l'autel, dans un sépulcre dédié à cette fin, de même que celles de Marguerite Bourgeoys, d'Eulalie Durocher et de Kateri Tékakwitha, toutes béatifiées.

Sur les plans administratif, géographique et démographique, la paroisse Saint-Lambert sera amputée lors de la création de ses voisines : les paroisses St. Francis of Assisi, Saint-Josaphat, Saint-Anastase de Greenfield Park, Saint-Jude de Longueuil et Saint-Thomas-d'Aquin. Depuis 2003, les paroisses Saint-Jude, Saint-Thomas-d'Aquin et Saint-Lambert forment une unité pastorale, animée par une équipe commune, bien qu'elles aient conservé leurs assemblées de fabrique propres. En 2008 à la suite de la dissolution de la paroisse Saint-Jude, celle de Saint-Lambert a récupéré la portion, qui lui avait jadis été octroyée.

Gaétane Dufour
13 mars 2008

publié le 31 juillet 2013

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    • "Les curés de la paroisse"
    • 1894 - 1912 François-Xavier Rabeau
      1912 - 1915 Philippe Perrier
      1915 - 1925 Joseph B. Mignault
      1925 - 1950 J. Albert Lessard
      1950 - 1961 Ludovic Deslauriers
      1961 - 1968 Jean Côté
      1968 - 1970 Pierre Lanctôt
      1971 Paul Labelle
      1971 - 1978 Honorius Renaud
      1978 - 1981 Guy Pratt
      1981 - 1982 Jean-Louis Mailloux
      1982 - 1984 Jean-Paul Moreau
      1984 - 1988 Gérard Deslauriers
      1988 - 1998 Jude Péloquin
      1998 - 2002 Jean-Luc Vannay
      2002 - 2012 Lucien Lemieux
      2012 - à aujourd'hui Jean de Dieu Lugobo
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